On les aperçoit sur les toits des cathédrales, figées dans la pierre depuis des siècles : les gargouilles. Tantôt étranges, drôles ou effrayantes, elles intriguent et captivent. Mais au-delà de leur apparence fantastique, que sait-on vraiment d’elles?
Un peu d’histoire
Les gargouilles, apparues à l’époque gothique, sont bien plus que de simples ornements. Le mot « gargouille » vient d’ailleurs du latin gargula, qui signifie « gorge », en référence au gargouillement de l’eau. Elles servaient à évacuer les eaux de pluie et protéger les bâtiments de l’érosion.
Des gardiennes aux allures terrifiantes
Mais au-delà de leur utilité, elles possèdent une forte dimension symbolique : souvent représentées sous forme de créatures fantastiques mi-homme mi-animal, ou de démons, elles étaient censées effrayer les mauvais esprits et protéger les édifices sacrés.Véritables gardiennes de pierre, elles jouaient aussi un rôle dissuasif envers les voleurs et les intrus. Alliant fonction pratique et expression artistique, les gargouilles incarnent un parfait équilibre entre technique et imagination.
La gargouille, c’est l’union parfaite de l’ingénierie médiévale et de l’expression artistique. Elle apparaît dès l’Antiquité, mais c’est au Moyen Âge, avec l’explosion du style gothique, qu’elle devient une signature visuelle incontournable
Pourquoi ces formes monstrueuses ?
Plusieurs théories coexistent :
– Pour effrayer les mauvais esprits.
– Pour rappeler aux fidèles les dangers du péché.
– Pour illustrer le chaos du monde profane, à l’extérieur de l’église, par opposition à l’ordre sacré à l’intérieur.
Des Gargouilles Inoubliables dans le Patrimoine Français
Les gargouilles sont des éléments emblématiques de nombreuses cathédrales françaises. À Notre-Dame de Paris, certaines, rendues célèbres par Victor Hugo, datent du XIXe siècle, comme la chimère à tête de bouc créée par Viollet-le-Duc. La cathédrale de Rouen abrite un riche bestiaire médiéval aux formes expressives, tandis que la basilique Saint-Denis mêle spiritualité et sculptures grotesques, avec des figures figées dans des cris ou des grimaces.
Anecdote : La Légende de la Gargouille de Rouen
La ville de Rouen doit une part de son mythe à une créature appelée « la Gargouille », un dragon cracheur d’eau qui terrorisait les habitants. Selon la légende, c’est Saint Romain qui l’aurait terrassée, donnant ainsi son nom à ces fameuses sculptures. Une créature légendaire devenue fonction architecturale… et sculpture artistique !
Conclusion
Les gargouilles remplissent plusieurs fonctions. Leur rôle principal est pratique : elles prolongent les gouttières afin de rejeter l’eau de pluie à bonne distance des murs, évitant ainsi les infiltrations et l’usure de la pierre. Mais leur présence est loin d’être uniquement utilitaire.
Éléments décoratifs à part entière, ces sculptures ornent les façades et prennent des formes variées : animaux mythologiques ou religieux, figures humaines, créatures fantastiques ou malfaisantes… Symboliquement, elles incarnent souvent le mal, placé à l’extérieur de l’édifice pour marquer son exclusion du lieu sacré. Telles des talismans, elles protègent l’église en maintenant les forces maléfiques à distance.
Si la pierre reste le matériau le plus courant, certaines gargouilles ont aussi été sculptées dans le bois, le métal ou encore le marbre.